En bref, cela dépend. Et la réponse détaillée aussi, mais cela vaut la peine de la comprendre avant de passer une semaine entière à transpirer devant son ordinateur sans savoir ce que vous pouvez exiger.
La législation suisse ne fixe pas de température maximale à partir de laquelle le travail est automatiquement suspendu. Cependant, l’ordonnance n° 3 relative à la loi sur le travail (OLT 3) oblige l’employeur à garantir des conditions qui ne mettent pas en danger la santé de ses employés. Lorsque la température sur le lieu de travail dépasse durablement 28 degrés, l’employeur est légalement tenu de prendre des mesures : ventilation, pauses supplémentaires, réorganisation des horaires, accès à l’eau. Il ne s’agit pas d’une recommandation, mais d’une obligation. S’il ne le fait pas, l’Inspection cantonale du travail peut intervenir. Pour les travaux en extérieur, sur des chantiers ou impliquant une charge physique importante, de nombreuses conventions collectives prévoient des pauses obligatoires, voire la suspension de l'activité au-delà de certains seuils, qui varient selon le secteur et le canton.
Dans de nombreuses entreprises, le système ne se déclenche pas automatiquement. C’est à l’employé de signaler le problème. Si la température sur votre lieu de travail dépasse 30 degrés et que votre employeur ne fait rien, la première chose à faire est de lui en parler directement. Si vous n’obtenez pas de réponse, vous pouvez contacter l’Inspection cantonale du travail ou le syndicat de votre secteur. Chaque canton gère cette situation de manière légèrement différente, et les conventions collectives ajoutent des dispositions supplémentaires en fonction du type de travail. Beaucoup ne s’en rendent compte qu’après avoir enduré une semaine sans rien dire.