Le marché du travail suisse n’est plus le paradis presque sans nuages qu’il était il y a trois ou quatre ans. Le secrétaire d'État à l'Économie prévoit une croissance du PIB de 1,1 % en 2026, et le chômage augmente depuis des mois à un rythme plus élevé que dans le reste de l'Europe, ce qui n'est pas courant dans un pays habitué à des taux inférieurs à 3 %. Le nombre de postes vacants, qui dépassait les 130 000 en 2022, est tombé en dessous de 90 000. Ce n’est pas une crise, mais c’est un refroidissement visible.
Les secteurs les plus touchés par les coupes budgétaires sont l'industrie pharmaceutique, qui a représenté près de 30% des licenciements enregistrés en 2025, et les services financiers, encore ébranlés par l'intégration du Crédit Suisse au sein de l'UBS. Deux secteurs qui étaient autrefois synonymes d'emplois stables et bien rémunérés, et qui connaissent aujourd'hui une restructuration qui n'est pas terminée. Pour quelqu'un arrivant en Suisse avec un profil technique ou administratif et cherchant du travail dans ces domaines, il convient d'être réaliste quant aux délais et à la concurrence.
Dans le même temps, la pénurie de main-d’œuvre n’a pas disparu : elle s’est simplement déplacée. La santé, la construction et la restauration sont toujours à la recherche de travailleurs et, compte tenu de la démographie suisse, cette tendance va s'accentuer dans les années à venir. Ce sont des secteurs avec des exigences linguistiques importantes, mais aussi avec des salaires minimum cantonaux protégés qui font la différence par rapport à ce qui est pratiqué en Espagne.
La morale pratique est simple : quiconque vient aujourd’hui travailler en Suisse doit savoir dans quel secteur il atterrit. Le slogan « il y a du travail partout » qui circulait il y a deux ans ne décrit plus fidèlement la réalité. Être bien informé avant de venir, avec des données actualisées et sans se fier aux témoignages d'il y a trois ans, est plus que jamais nécessaire.