En Suisse, il n'existe pas de seuil de température au-delà duquel vous pouvez ne pas vous rendre au travail. En revanche, votre employeur a des obligations précises.

Alors que juillet 2026 s'annonce comme le mois le plus chaud jamais enregistré en Suisse, beaucoup de gens se sont posé la même question : à partir…

Alors que juillet 2026 s'annonce comme le mois le plus chaud jamais enregistré en Suisse, beaucoup de gens se sont posé la même question : à partir de combien de degrés suis-je dispensé d'aller travailler ? La réponse est que ce seuil n'existe pas dans la législation suisse. La loi fédérale sur le travail ne fixe aucune limite de température dispensant le salarié de se présenter au travail, à une exception notable près : les femmes enceintes ne sont pas tenues de travailler si la température sur leur lieu de travail dépasse 28 °C, et elles continuent de percevoir au moins 80 % de leur salaire.

Pour tous les autres, l'obligation de se rendre au travail est maintenue. Ce qui change, ce sont les obligations de l'employeur. L'article 328 du Code des obligations et l'article 6 de la LTr imposent à l'employeur de protéger la santé de ses salariés. Cela se traduit par des mesures concrètes : installer des stores ou des ventilateurs, effectuer les tâches les plus pénibles aux heures les plus fraîches, augmenter la durée des pauses, mettre de l'eau à disposition, autoriser le télétravail lorsque cela est possible, supprimer le port de la cravate. La Suva constate que les accidents du travail augmentent de 7 % les jours où la température dépasse 30 °C. En 2023, Genève a été le premier canton à interdire les travaux les plus pénibles sur les chantiers pendant les après-midis de chaleur extrême. En 2026, le Conseil des États a adopté une motion visant à permettre aux travailleurs temporaires d’avoir accès à des indemnités lorsque la chaleur rend le travail impossible, notamment dans les secteurs de la construction et de l’agriculture.

Si votre entreprise n'applique pas ces mesures, l'autorité cantonale du travail et la Suva peuvent intervenir. Ce n'est pas une question de bonne volonté de la part de l'employeur, c'est une obligation légale. Le problème, c'est que beaucoup de gens ne le savent pas et ne le réclament pas non plus.