En Suisse, tout le monde vote. Sauf les étrangers. À l'exception de trois cantons.

En Suisse, on vote sans cesse : initiatives populaires, référendums, élections communales, cantonales et fédérales. La démocratie directe est la…

En Suisse, on vote sans cesse : initiatives populaires, référendums, élections communales, cantonales et fédérales. La démocratie directe est la marque de fabrique du pays. Pour la plupart des étrangers résidents, c'est aussi quelque chose qu'ils observent de l'extérieur sans pouvoir y participer, quelle que soit la durée de leur séjour dans le pays.

Mais pas dans tous les cantons.

À Neuchâtel, les étrangers résidant depuis dix ans en Suisse — ou depuis cinq ans dans le canton — peuvent voter aux élections communales et cantonales. Et se présenter comme candidats. Le canton a reconnu ce droit en 1849, avant même que de nombreux États européens ne le fassent pour leurs propres citoyens. Il s'agit, en ce sens, d'un cas unique dans l'histoire constitutionnelle suisse.

Dans le Jura — le plus jeune canton du pays, créé en 1979 —, les étrangers résidant en Suisse depuis dix ans peuvent voter aux élections communales. Dans le canton de Vaud, la règle est la même : droit de vote communal après dix ans de résidence en Suisse et au moins un an dans la commune. Certaines communes du canton des Grisons l'autorisent également dans le cadre de leurs assemblées communales.

Dans les autres cantons — notamment Zurich, Berne ou Genève —, les étrangers ne participent à aucun scrutin, quelle que soit la durée de leur séjour.

À l'attention des Espagnols résidant en Suisse : si vous vivez à Neuchâtel, dans le Jura ou dans le canton de Vaud et que vous y résidez depuis suffisamment longtemps, vous pourriez participer au prochain scrutin communal. La grande majorité d'entre vous l'ignore. Et dans ces cantons, ce droit attend depuis des décennies que quelqu'un l'exerce.