La plage de la Sentue, à Pregny-Chambésy, est l'un des rares lieux de baignade du lac Léman dont l'accès est soi-disant public. « Soi-disant », car depuis des années, la commune a mis en place un système qui empêche l'accès à toute personne ne résidant pas sur place. Réservé aux résidents.
Le problème, c'est que c'est illégal. Le Grand Conseil du canton de Genève a adopté en 2024 une loi garantissant l'accès universel aux plages publiques du canton, sans distinction entre résidents et non-résidents. Une loi claire. Une loi que Pregny-Chambésy ignore systématiquement, pour la deuxième année consécutive.
Cette semaine, le Département cantonal du territoire a dû intervenir et a renvoyé l'affaire au Service des affaires communales « afin de déterminer les conséquences qui s'imposent ». La commune, quant à elle, répond qu’il s’agit d’une petite plage, dont l’environnement est fragile et qui ne dispose pas d’un parking suffisant. Des arguments qui, curieusement, ne semblent déranger personne lorsqu’il s’agit de leurs propres voisins.
Ce qui frappe, ce n'est pas seulement le caractère illégal de la situation. C'est le calme avec lequel la municipalité l'assume. « Nous sommes sereins », affirment les autorités locales. Et les personnes venant de l'extérieur, qui paient exactement les mêmes impôts cantonaux, ne peuvent toujours pas mettre les pieds sur cette plage.