Le 14 juin, le peuple suisse a rejeté à 54,8 % l'initiative de l'UDC visant à limiter la population du pays à 10 millions d'habitants d'ici 2050. Dans la pratique, cela aurait entraîné des restrictions massives en matière d’immigration et, en dernier recours, la dénonciation de l’accord sur la libre circulation avec l’Union européenne. Pour tous ceux d’entre nous qui vivons ici avec un permis européen, les conséquences auraient pu être importantes.
Le « non » s'est imposé en Suisse romande : Neuchâtel a rejeté le texte à 67 %, Vaud et Genève à plus de 60 %. En Suisse alémanique, le résultat a été plus mitigé, et les cantons d'Uri et de Glaris ont même approuvé le texte à près de 60 %. Le Tessin aurait accepté l'initiative. Que tous les Suisses ne partagent pas le même avis sur l'immigration n'est pas une nouveauté, mais hier, les chiffres l'ont confirmé de manière assez claire.
Le Conseil fédéral s'est dit soulagé. Economiesuisse aussi. Mais la présidente d'Economiesuisse a tenu des propos qu'il convient de retenir : les 45 % qui ont voté « oui » constituent un « carton jaune » qu'on ne peut ignorer, et il faut trouver des réponses aux problèmes que les gens associent à l'immigration, tels que la pression sur le logement, les transports ou les services publics.
Ce qui ressort avant tout, c'est que près d'un électeur sur deux souhaitait limiter l'immigration de manière contraignante. Cela ne disparaît pas avec le résultat d'hier. Le débat sur l'immigration en Suisse n'est pas terminé, il a simplement pris un nouveau tournant. Pour nous qui vivons ici, suivre de près les votes fait partie de la compréhension du pays dans lequel nous vivons.