Romina, 21 ans, a perdu son téléphone un soir à Berne. Le système de localisation lui a indiqué qu’il se trouvait au centre fédéral pour demandeurs d’asile de Lyss, dans le canton de Berne. Elle s’est rendue à la police. On lui a répondu qu’une perquisition n’était pas légalement possible. Le Secrétariat d'État aux migrations (SEM) a confirmé cette position. La police cantonale bernoise a ajouté que l'opération serait disproportionnée pour récupérer un téléphone. Et elle s'est rendue à la police, elle n'est pas restée chez elle, résignée. Cela en dit long.
L'affaire a été portée devant le Parlement. Lundi dernier, deux députés de l'UDC ont directement soulevé la question devant le Conseil fédéral lors de l'heure des questions : faut-il modifier le cadre juridique pour que les victimes puissent récupérer leurs biens volés ? La question était tout à fait légitime.
Le Conseil fédéral a répondu et a partiellement rejeté la proposition du SEM. Les agents de sécurité des établissements fédéraux peuvent procéder à des fouilles à tout moment. La police peut y accéder lorsqu'elle en a besoin pour remplir ses fonctions. Ce qu'il faut évaluer, c'est la proportionnalité en fonction du type d'infraction. Le gouvernement a conclu qu'aucune modification législative n'était nécessaire, le cadre actuel le permettant déjà.
Le téléphone a été retrouvé quelques jours plus tard. Les agents de sécurité du centre l'avaient trouvé lors de leurs rondes. La police a appelé Romina pour lui dire qu'elle pouvait venir le récupérer. Affaire classée. Mais entre le moment où son téléphone a été volé et celui où le Conseil fédéral a dû clarifier la position officielle du SEM, plusieurs semaines se sont écoulées et un débat parlementaire a eu lieu. Que tout cela soit nécessaire pour récupérer un téléphone en 2026, voilà qui donne à réfléchir.